DERNIERES INFOS

  • 18.03.19 : Article paru dans « Actu.fr »:

Méthanisation dans le Lot. Une mission ministérielle va mener l’enquête ! 

(voir dans onglet « Article de presse)

  • 06.02.2019: Article de la Dépêche du Lot : les habitants d’un village vivent dans la puanteur à cause d’une usine de méthanisation (voir l’onglet « Article de Presse »)
  • 05.02.2019: Article dans l’HUMANITÉ :Les risques mal contrôlés de la ruée vers le gaz vert !

Huma méthanisation

  • 05.02.2019: Article dans ACTU.FR: Les 4 Methaniseurs du Segala

https://actu.fr/publi-info/les-4-methaniseurs-segala_19183971.html?fbclid=IwAR1N1CgKrNgKUvgX3ic1KVeWclhJW5ESf6Q0CkFus0sveS1YK44DcLX4msE

 

  • 29.01.2019 2 Articles dans « LE MONDE »:

la filie?re du gaz renouvelable fa it face à des vents contraires

dans le lot

  • 28.01.2019 Article de « 20 minutes »: 

Méthanisation: Un Collectif alerte sur les dérives d’une filière française en plein essor (voir l’onglet « Article de Presse »)

  • Du 23.01.2019 au 25.01.2019:  3 Articles de REPORTERRE:
  1. La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs (voir dans l’onglet: Article de presse)
  2. Méthanisation: un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux (voir l’onglet: Article de presse)
  3. La Méthanisation risque d’accélérer la concentration des fermes (voir l’onglet: Article de presse)
  • 14.01.2019: Prochaine Réunion de la Commission locale de suivi de l’unité de méthanisation BIOQUERCY

convocation css bioquercy 21 01 19

  • 13.01.2019: 5ème Fiche d’information du CSNM ( Prévisions de l’ADEME…)(ou voir onglet: Fiche CSNM)

fiche5_csnm_mobilisation_ademe_sau

  • BONNE ANNÉE À TOUS !

  • 29.12.2018: 4ème Fiche d’information du CSNM (ou voir onglet: Fiche CSNM)

Fiche4_CSNM_Biogaz-Biomethane pas Bio

  • 22.12.18: 3ème Fiche d’information du CSNM (ou voir onglet: Fiche CSNM)

Fiche3_CSNM_Effet Depressif N et S

  • 21.12.18: Article dans Actu.Fr Aurélien Pradié à l’Assemblée Nationnal 

Aur.Pradié1Aur.Pradié2

  • 19.12.18 : 2ème Fiche d’information du CSNM (ou voir onglet: Fiche CSNM)

Fiche2_CSNM_Pouvoir_Methanogene

  • CRÉATION D’UN COMITÉ SCIENTIFIQUE NATIONAL METHANISATION

4.12.2018 : Lettre d’introduction (Consultable dans le nouvel onglet « CSNM ») ainsi que leur 1er Fiche d’information ! (Lien direct: introduction CSNM; Fiche1_CSNM_Quest_ce_que_la_Methanisation)

  • Article de la Dépêche du 5.10.18 : M. V. LABARTHE s’exprime !

La Dépêche du 05.10.18 Labarthe 1

La dépêche du 5.10.18 2

  • 09.18 : 2 Petites vidéos assez significatives !

  • le 10.08.2018 COURRIER de la Federation Française des Spéléologues au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire !

Courrier des spéléo au ministre 08.18


  • le 07.08.2018 LETTRE OUVERTE  à notre Gouvernement !

Lettre ouverte Page 1Lettre ouverte Page 2Lettre ouverte Page 3


  • le 2.08.2018 Question du Sénateur Stéphane PIEDNOIR sur la méthanisation au Ministère de la Transition

https://www.nossenateurs.fr/question/15/06464

  • Publié le 01.08.2018 : La Préfecture rappel Bioquercy à l’ordre ! (Extrait de l’Arrêté Préfectoral)

Arretédu 01.08.2018


GROSSE MISE À JOUR ! ça bouge cet été…

  • 01.08.2018: LA CREATION D’UN COLLECTIF NATIONAL VIGILENCE METHANISATION EST EFFECTIVE

Ci-dessous le 1er communiqué :

Ils  bradent la santé des français et impactent gravement la biodiversité.

Dans le but de « rassurer les investisseurs »,  le Premier Ministre, Edouard Philippe, et le Ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, jouent les apprentis sorciers. 

Par décret du 6 juin 2018, signé par Messieurs Philippe et Hulot et  applicable dès le lendemain de sa publication, l’installation de  méthaniseurs pouvant recevoir jusqu’à 99,99 Tonnes de déchets par jour est autorisée, sans étude d’impact ni enquête publique. Quid de la population et de l’environnement ?

Pourtant, en juin 2017, L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie, notait dans un document de référence :

–  Le manque de connaissances sur les conséquences du retour au sol des digestats, sur la vie des sols, de l’humus…Et identifiait des besoins de recherche sur : l’évaluation des fuites de biogaz, les émissions polluantes lors de l’épandage de digestats (N2 O, NH3) et  l’importance de développer des connaissances en termes d’impacts de la méthanisation sur le climat, l’eau, la qualité de l’air, les odeurs, les sols, les déchets, etc.

Dans leur précipitation à satisfaire les investisseurs, Les Ministres n’en ont pas tenu compte. De plus, les Conclusions du Groupe Travail Méthanisation (mars 2018) annonçaient  « la sortie du statut de déchets des digestats ». Ce n’est pas en les sortant  d’un statut qu’ils cesseront d’être des déchets, avec tous les risques inhérents aux déchets.  « La dernière grande épidémie de peste porcine classique (PPC) a eu lieu entre février 1997 et janvier 1998. Le virus a été transmis à un élevage à cause d’un sandwich au jambon jeté dans un élevage » Des milliers de sandwichs au jambon vont arriver dans les méthaniseurs. Une hygiénisation à 71° pour des sandwichs réduits, soit disant, à moins de 12 mm (!!!) est insuffisante pour garantir de l’absence de germes pathogènes.

 En janvier 2018, L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire a remis ses conclusions suite à une demande de mise sur le marché de produits issus de digestats de méthanisation : « Les intrants (effluents d’élevage, matières végétales agricoles et matières végétales brutes, eaux et boues de STEP d’industries agroalimentaires, graisses et déchets animaux) peuvent apporter des contaminants organiques, notamment des résidus d’antibiotiques ou des bactéries antibio-résistantes »…

Les résultats des analyses  mettent en évidence  une contamination en Clostridium perfringens et entérocoques et des effets sur la reproduction des vers de terre.

« Conclusions : non conforme, risques pour les organismes du sol. »

 Un très grand nombre de digestats de méthanisation sont issus des mêmes gisements et déjà épandus en France, sur des milliers d’hectares de terres nourricières, et ce,  depuis des années.

 Devant la gravité de la situation des associations et collectifs envoient, depuis plus d’un an, des alertes aux différents ministères, en vain. Les accidents, incidents, pollutions et contaminations dus à la méthanisation, et à tout ce qui en découle, sont fréquents sur toute la France (cf base de données ARIA).

Pour cette raison ces associations et collectifs ont décidé de se rassembler  pour former le Collectif National Vigilance Méthanisation.

A SUIVRE…/…


  • 01.08.2018: Article paru dans le Blog de Loïc Prud’homme (Député de Gironde) ‘La méthanisation Oui, mais pas n’importe comment !’

https://loicprudhomme.fr/methanisation-pas-nimporte-comment/

  • Le 31.07.2018: Question posée à L’Assemblée Nationale par Loïc Prud’homme sur le « digestat »

http://questions.assemblee-nationale.fr/

  • 12.07.18 :Article paru dans « La Vie Quercynoise » Tribune LIBRE : « Dans le Lot, le digestat brut liquide, une menace pour l’eau »

La vie quercynoise n°3791 12 au18 juillet 2018_1

  •  07.18: Article paru dans le magazine « Sentinelle »

ERB Revue Juillet 2018

  • Rappel: Publié le 07/12/2017 dans OUEST FRANCE: « Les Epandages se faisaient sans autorisation « 

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/combree-49520/les-epandages-se-faisaient-sans-autorisation-5430382

  • Rappel: Publié le 28/06/2017 dans  » Lepopulaire »: « Un projet de méthaniseur agricole inquiète les habitants de Berneuil et Saint-Junien-les -Combes

https://www.lepopulaire.fr/saint-junien-les-combes/environnement/2017/06/28/un-projet-de-methaniseur-agricole-inquiete-les-habitants-de-berneuil-et-saint-junien-les-combes_12462106.html

  • Rappel: En 2015, près de 400 personnes ont manifesté dans le centre de Bel-Air. Ils répondaient à l’appel de l’association des riverains de la forêt d’Ombrée qui lutte contre les mauvaises odeurs.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/combree-49520/mauvaises-odeurs-les-riverains-de-la-foret-dombree-dans-la-rue-3744939


Dans le Lot, les résidus de la méthanisation polluent les sols

18 juillet 2018 / Jean-Louis LasserreLe Lot connaît un fort développement de la méthanisation, ce procédé de production de gaz à partir de déchets organiques. Or, selon l’auteur de cette tribune, la solution choisie dans le département d’épandage massif des résidus menace directement la faune et les eaux potables.

Les abeilles d’une ruche à proximité d’un champ d’épandage peu après celui-ci.

Les vers de terre remontent mourir à la surface !

Lire l’article dans l’onglet « Article de presse »


le 26.06.2018

  • Motion en faveur de l’amélioration du devenir des digestats issus de la méthanisation. Par le Département de Spéléologie du Lot (CDS46)

Voir dans l’onglet « Qui dit quoi »


SOUTENEZ NOUS ET FAITES UN DON !

Madame, Monsieur,

Vous avez été sollicité plusieurs fois, pour un soutien financier pour couvrir les frais de justice contre le projet de Bioquercy. La Confédération paysanne du Lot, FNE et le GADEL ont perdu le référé en suspension, et le recours au conseil d’Etat ( contre la décision du juge des référés ).

Nous sommes condamnés à verser 3000€ à la partie adverse.

Cela ne s’arrête pas là, le recours au Tribunal administratif de Toulouse, est toujours en cours. Nous aurons des mémoires supplémentaires à rendre via l’avocat en réponse à Bioquercy, la préfecture … qui chaque fois ont un coût supplémentaire.

Certains évènements comme les fuites du réservoir d’Alvignac le 7 avril 2018 et les risques liés, nous motivent encore plus pour continuer la procédure.

Merci pour votre soutien et merci de faire suivre cet appel à dons à vos amis et diffuser le plus largement possible.

Petit plus : les dons effectués sont déductibles des impôts !

Cliquez sur le lien ci-dessous pour faire un don.

https://www.helloasso.com/associations/les-amis-de-la-confederation-paysanne/formulaires/3/widget 

Affiche Floirac

le 30.04.18 : Article dans « LE MONDE SCIENCE ET TECHNO » (voir dans l’onglet: Article de presse)

le 02.05.18 :Emission « La tête au carre » sur France Inter 

Mathieu  Vidard reprend l’information des scientifiques paru dans Le Monde.(voir dans l’onglet: Article de presse)

le 03.05.18 : Article dans la Vie Quercynoise: Réponse de l’Association AMIE, de la Conf, du Gadel et du Collectif Citoyen Lotois à l’annonce paru dans la Dépêche pour « BIOQUERCY » (voir dans l’onglet: Article de presse)

NOUVEL APPEL A DON 2018 (voir onglet « Faire un don »)

le 07.04.18 : 1er Accident majeur de pollution à Alvignac! 400m3 de digestat c’est déversé suite à un incident technique ! (voir dans l’onglet : Article de presse)Accident Alvignac

29.03.18 : Méthaniseur de Gramat, deux paysans lotois convoqués à la gendarmerie ! La Conf’ a aussi bloqué l’entrée du méthaniseur. (voir dans l’onglet Article de presse)

01.03.2018: La maire de Montvalent a pris un arrêté municipal !

07.2018 arrêté concernant une suspension provisoire d’expoitation à la société Fonroche-Biogaz

Liste des stockages de digestats chez les agriculteurs :

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07.02.2018 : Article du Canard enchaîné (voir onglet article de presse) « Le filon vert »

02.2018 : le méthaniseur est en fonctionnement et les épandages de digestats ont commencé.

Aujourd’hui, certains Maires sont inquiets de la dégradation des routes par les camions semi-remorque  de digestats.

08.02.2018: Article de la Vie Quercinoise : Sept Scientifiques s’opposent à l’unité de méthanisation de Gramat.

31.01.2018 Conclusion de l’évaluation du méthaniseur de Villeneuve sur Lot, a priori le même que Gramat.

– Voir dans l’onglet « éléments techniques »

12.01.18: Document de Mrs. TARISSE ET SAMOMON de 1999 déjà ! sur le Karst face à l’Agriculture productiviste, l’exemple du Quercy ! (Onglet « Qui dit quoi »)

12.01.18: Création d’un nouvel onglet: « Faire un don ! »

21.12.17: Article de la Vie Quercynoise: 2ème volet Pourquoi le type de méthanisation adopté dans le Lot fait il courir des risques sanitaires !(Onglet « Article de presse »)

16.12.17: Article de la Dépêche: Rappel du 15.12.17 (Voir onglet  » Article de presse »)

15.12.17 Article de la Vie Quercynoise : Sur l’action menée par la Confédération paysanne et le Collectif. (Voir onglet  » Article de presse »)

15.12.17 Article de la Dépêche : Manif de La Confédération Paysanne (Voir onglet  » Article de presse »)

15.12.17: Action non violente de la Confédération paysanne du Lot sur le site du méthaniseur de Gramat.

15.12.2017 Action méthaniseur Gramat (5)

15.12.2017 Action méthaniseur Gramat (1)-1

Deux actions se sont déroulées simultanément de 12h00 à 13h00 :

  •  Six militants sont entrés sans difficultés sur un site « hautement explosif » dixit un salarié de la société Bioquercy. L’action s’est déroulée en sécurité, sans heurt ni violence. Une banderole « On nous empoisonne » a été déployée depuis la cuve principale du méthaniseur haute de 23 mètres. Les six militants ont ensuite quitté le site.
  • Une douzaine de militants s’est mobilisée à l’entrée du site de La Quercynoise, brandissant des banderoles « Méga méthaniseur = Territoire sacrifié » et « Le Parc naturel n’est pas une poubelle« , afin d’interpeller le convoi ministériel suivi par la presse. Suite au passage éclair du convoi, les militants ont quitté le site sans incident.

15.12.2017 Action méthaniseur Gramat (4)

15.12.2017 Action méthaniseur Gramat (3)-1

Dans l’après-midi une délégation du syndicat a assisté à la table ronde à laquelle la Confédération paysanne avait été conviée. Etaient présents : Le Premier ministre et ses conseillers, le Préfet du Lot, le Directeur de la DDT, les deux députés, la sénatrice PS, la Conseillère départementale de Gramat, le Vice-président en charge de l’agriculture au Conseil régional, la Chambre d’agriculture, les syndicats agricoles (Confédération paysanne, Fdsea, JA, Coordination rurale et le Modef).

La Confédération paysanne a pu porter plusieurs revendications :

  •  Dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, l’incohérence entre le discours présidentiel d’améliorer la qualité de l’alimentation et la diminution du soutien à l’agriculture biologique,
  •  Dans le cadre des plans filière, l’absence de considération des producteurs en vente directe alors que la transformation associée à la vente directe permet de conserver la valeur ajoutée sur les territoires et d’installer des paysans ; pour la Confédération paysanne l’installation de paysans nombreux est l’enjeu majeur des prochaines années,
  • Dans le cadre du contexte lotois, l’absence de réactions des services de l’Etat face aux situations de détresse des éleveurs qui subissent des attaques de chiens sur leur troupeau de brebis,
  • Dans le cadre des accords de libre-échange (CETA), la mise en concurrence déloyale entre les agricultures et l’introduction d’animaux élevés aux hormones,
  •  Dans le cadre de l’action du méthaniseur, le Premier ministre a déclaré que si le méthaniseur était en place, c’est que les démarches ont été respectées par les services de l’Etat localement et qu’il n’entendait pas remettre en cause le travail de son administration. La Confédération paysanne lui a rappelé qu’une procédure était en cours et lui a offert une bouteille d’eau  » Eau potable garantie avant épandage de digestat brut, protégeons notre eau« .

15.12.2017 Table Ronde Rignac-1

La Confédération paysanne du Lot se félicite de cette réussite et entend poursuivre ses actions qu’elle défendra lors de la rencontre avec le Préfet le 17 janvier 2018. Citoyens et paysans restent mobilisés pour défendre la santé de tous les citoyens lotois.

7.12.17  Article de la Vie Quercynoise: 1er Volet relatant les différents avis d’Experts !!! (voir l’onglet  » Article de Presse »)

3.12.17  Guide élaboré par la région du Doubs : Guide des bonnes pratiques de gestion des effluents d’élevage en milieu karstique (voir l’onglet « Autour de la méthanisation » dans « Eléments techniques ») bel exemple à suivre !!

24.11.17 Un intéressant reportage sur la méthanisation en Bretagne par Fr3 de 2015, la déception des agriculteurs (voir l’onglet « Article de presse »)

30.10.17 « Biotiful » le reportage sur la nouvelle chaine « BIOTOPETV.FR » que vous pourrez voir sur Youtube. Au programme: Méthanisation de Gramat, Négawatt et Les Faucheurs volontaires. (RV sur Youtube et tapez « biotope.fr »).

10.10.17 Article dans la Vie Quercynoise. Les scientifiques donnent leurs avis (Voir dans l’onglet article de presse)

21.09.2017 Article dans la Vie Quercynoise: Nous avons été entendu !!! C’est un premier pas !

Art. Cour D'appel

21.09.2017 Article de la Vie Quercynoise : « Après la Bretagne polluée par le lisier, attention pour le Lot avec le digestat » Interview de Michel Kaemmerer, docteur d’Etat en sciences du sol et professeur à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse répond à Jean Claude Bonnemère. (Voir onglet article de presse)

09.2017 Article du dernier « DIRE LOT  » sur « Projets de biogaz en débat » Méthanisation GRAMAT. VOIR L’ONGLET « Articles de presse »

FÊTE DES PLANTES 2017 à Livernon le 10/09/17  à 14h à la salle des fêtes au programme : Conférence/débat : Quelle méthanisation pour le LOT ?

Le 21/08/17 : RADIO diffusion sur Antenne d’Oc ! L’Usine de Méthanisation à Gramat
http://www.antenne-d-oc.fr/basePage.php?rub=1

C’est grâce à votre soutien que nous pouvons agir pour la préservation de notre environnement et la qualité de vie de nos communes.

Il est important et nécessaire d’associer les citoyens aux démarches administratives et juridiques pour contrer le développement du projet du méthaniseur de Gramat et son plan d’épandage.

Procédures juridiques en cours

 Vous avez été nombreux à répondre favorablement à l’appel contre le projet de l’usine de méthanisation de Gramat.

A ce jour nous avons, avec la Confédération paysannes, FNE et le Gadel, fait un recours sur le fond qui devrait être jugé dans un an ou plus, assorti d’un référé suspension afin de stopper rapidement le chantier.

Entre temps, la préfecture a rédigée un arrêté complémentaire réduisant les surfaces d’épandage. Il ne répond en rien à nos demandes, (rappel : un tonnage limité à des intrants locaux et pas d’épandage sur sol karstique de digestat brut).  Il fallait  donc aussi attaquer sur le fond l’arrêté complémentaire, ce qui reste à ce jour non financé.

Suite à l’audience du Référé qui s’est tenu le 10 juillet. Le juge a pris en compte l’investissement financier des porteurs de projet, la grippe aviaire et l’état d’avancement du chantier, mais rien de nos arguments environnementaux et urbanistiques urgents qui justifiaient le référé.

L’urgence (objet d’un référé) n’a donc pas été retenue  (voir détails sur :  onglet « Juridique »)

En conséquence, nous avons maintenant à faire des choix. Considérant qu’il sera plus difficile de bloquer ce projet après sa mise en service (prévue pour la fin d’année), il nous semble donc nécessaire de faire appel de ce 1er jugement en Conseil d’Etat (ultime juridiction pour casser l’ordonnance du juge) pour tenter de l’arrêter au plus tôt.

Ce dossier doit être défendu auprès du Conseil d’Etat par un avocat spécialisé dont les honoraires sont  importants.

La décision d’aller plus loin dans la procédure vous appartient.

C’est pour cela que nous revenons vers vous, car il nous faut maintenant réunir des fonds très rapidement (sous huitaine) pour mener à terme cet ultime recours.

La partie adverse (groupe d’investisseurs) espère nous épuiser financièrement, mais la population Lotoise doit elle se laisser faire ?

CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSOUS POUR FAIRE UN DON !

https://www.helloasso.com/associations/les-amis-de-la-confederation-paysanne/formulaires/3/widget

Vous pouvez également adresser un chèque à l’ordre des Amis de la Conf, en indiquant au dos « méthaniseur de Gramat »et votre adresse mail, à l’adresse suivante : Les Amis de la Conf -104 Rue Robespierre – 93170 Bagnolet.

Vous recevrez une attestation fiscale qui vous permettra de déduire 66% de votre don, lors de votre déclaration d’impôts 2017.

Nous vous remercions par avance de relayer très vite cet appel auprès de vos connaissances et /ou asso pour informer largement.

Nous rappelons que pour toutes celles et ceux qui ont une assurance juridique adossée à leur assurance habitation et qui sont sur les communes du plan d’épandage, il leur est possible de demander une aide financière… Nous contacter pour informations.(46metha@gmail.com)

Enregistrement le 20/06/17 de la requête en référé (suspensif)                                           Voir onglet « Procédure juridique »

Réunion associative à Carennac, le 17/06/17 :

Rencontre du Collectif avec les membres des associations : Vivre à Carennac et du « T3 »     moment d’informations et d’échanges entre militants sur un air de Biniou !

Réunion Publique du 15/06/17 sous la halle de Martel :

Environ 50 personnes étaient présentes ce soir là, à l’initiative du collectif: méthanisation Causses et Vallées.

Photo prise le 07/06/17

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Interview ce mercredi 24 mai de Pierre R. par le LEA !

http://audioblog.arteradio.com/post/3078898/le_mega_methaniseur_de_gramat/

Photos prises le 21/05/17

Métha 2 du 21.05.15Méthaniseur 1

– Dépot d’un recours auprès du Tribunal Administratif de Toulouse le 09/05/17            Voir dans l’onglet  « procédure juridique ».

Dernier article paru (voir onglet Procédure juridique) L’Arrêté E 2017-109 portant actualisation des prescriptions d’une unité de méthanisation et un plan d’épandage à la SAS BIOQUERCY à Gramat en ligne ! (voir onglet article de presse) et Vidéo sur le Barrage au rd point de ROCAMADOUR (onglet : « Que pouvons nous faire ») dans ce même onglet vous trouverez des affiches (slogan) à imprimer !

Nous étions nombreux ce samedi 14 Avril 2017, on rond point de Rocamadour/Alvignac, cette action a été une réussite ! (Article de la Dépêche dans l’onglet article de presse !)

Superbe environ 250 personnes étaient présentes ce soir là et ont pu avoir une information assez complète sur le thème de la méthanisation, plusieurs intervenants se sont succédés M. DanTam COSTA (Ingénieur)pour la petite méthanisation et Dr KAEMERRER enseignant chercheur à l’ENSAT (Toulouse) qui nous a présenté le « digestat » dans sa complexité ainsi que le principe de compostage.

Nous tenons spécialement à remercier, les différents intervenants et plus largement toutes les personnes qui ont participé au bon déroulement de cette soirée !!!

  • A lire, et à distribuer le dernier courrier du GADEL à M. MALVY (vous le trouverez dans l’onglet article de presse !)
  • Le Collectif « Méthanisation CAUSSE ET VALLEE » se joint à nous ! Voir son tableau récapitulatif dans l’onglet « Qui dit quoi »

Il semblerait que nous sommes sur le portage d’un arrêté complémentaire. Les participants prévus sont : Capel- La Quercynoise, Fonroche, PNRCQ, CD, Services de l’Etat (sous-Préfet, DDT, DREAL, DDCSPP) et les opposants (GADEL. FNE. CONF. et Collectif)Rappel des faits:

« L’objectif  est d’obtenir une modification de l’AP comme nous l’avons souhaité dans le cadre du recours gracieux. »Depuis 2012 le projet est en gestation.

Du 18/07/16 au 19/08/16 une enquête publique a eu lieu.

Un arrêté préfectoral autorisant le projet a été signé le 9 novembre 2016, publié le 22 novembre.

Les travaux ont commencé.

De nombreux problèmes se posent quand à la démarche (un enquêteur pour 70 communes, pas d’information du public, un dossier comportant des contradictions et irrégularités importantes, etc.)

Positionnements :

  • le PRNCQ s’est positionné pour le projet !!!
  • le GADEL, la FNE, la Confédération paysanne et le Collectif Citoyen Lotois remettent en cause ce projet, non adapté au territoire (dimension, risques encourus, dépenses publiques engendrées, non prise en compte du sol karstique et de la présence d’eau dans le sous sol, etc.)

Les démarches : 

Le Gadel, France Nature Environnement, la Confédération Paysanne, le Collectif a rencontré lundi 16 janvier les représentants de la Préfecture, Fonroche, Mr DELRIEU et les Services Sanitaires au sujet du projet et du recours gracieux !

Les démarches peuvent être multiples ou associées.

D’autres solutions sont possibles et facilitées avec l’appui des élus : demander un moratoire par exemple.

Il est nécessaire d’être nombreu-ses si nous voulons avoir du poids pour demander un projet qui correspondent réellement aux besoins du territoire.

Le Collectif Citoyen Lotois est en ce moment dans une démarche d’information, de veille (suivre les démarches en cours de chacune des parties prenantes), et d’interpellation des élus (en appelant chaque citoyen-ne-s, car tous concernés, à faire de même).

Pour participer à ces activités voici des outils :

Tract à imprimer :

tract 30 03 17

Flyer à imprimer:

flyer

Consultez le blog régulièrement, pour être tenu informé !

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Méthanisation dans le Lot. Une mission ministérielle va mener l’enquête !

Une mission ministérielle est chargée d’investiguer sur la méthanisation, telle qu’elle est pratiquée dans le Lot : une première nationale sur ce sujet.

Vue générale sur l'unité de Gramat, autour de laquelle s'est cristallisée la polémique.
Vue générale sur l’unité de Gramat, autour de laquelle s’est cristallisée la polémique.

Sollicitée par le préfet du Lot, une mission ministérielle, dirigée par un inspecteur général, interviendra dans le Lot les 9-10 et 11 avril 2019, pour enquêter sur la méthanisation dans le Lot.

L’information circulait depuis plusieurs jours et a été confirmée ce lundi 18 mars 2019 par Jean-Luc Tarrega, sous-préfet de Gourdon.

« Objectiviser » le dossier de la méthanisation

« Il s’agit d’objectiviser un certain nombre d’éléments qui ont fait l’objet de parutions dans la presse locale et nationale et d’apporter un étayage scientifique et technique sur le fonctionnement de la méthanisation dans le Lot » déclare Jean-Luc Tarrega.

Une telle démarche qualifiée de « première en matière de méthanisation », menée au plus haut niveau de l’Etat, traduit la volonté des pouvoirs publics de sortir de plusieurs années de polémiques. En effet, le projet Fonroche avec la construction de l’unité de méthaniseur de Gramat, pour le compte de la coopérative agroalimentaire Capel La Quercynoise, n’a cessé d’alimenter la controverse. Une multiplicité de prises de positions, notamment de la part de scientifiques de renom (*) : géologues, hydrologues, ont dénoncé les risques encourus, pour les réserves d’eau potable, au regard de l’épandage de digestat brut sur les sols calcaires.

« Toutes les parties prenantes sur ce dossier seront entendues » assure le sous-préfet de Gourdon. Les conclusions de l’enquête de la mission ministérielle feront l’objet d’un rapport qui devrait être rendu public dans les deux mois qui viennent.

Le collectif lotois AmiE (Alerte méthanisation industrielle Environnement) se réjouit d’une telle initiative, qui pourrait sortir le dossier de l’impasse dans lequel il se trouve.

(*) Gilles Delluc, Dr en médecine spéléo et Dr en Préhistoire, Brigitte Delluc, Dr en préhistoire, Pierre-Yves Demars (Brive) Préhistorien CNRS Brive, Michel Lorblanchet, CNRS St-Sozy, Mathieu Langlais (université Bordeaux-CNRS), Jean-Christophe Castel, paléontologue du Musée de Genève (recherches en Quercy), Michel Philippe (Musée de Lyon) paléontologue- recherches en Quercy, signaient une tribune commune dans La Vie Quercynoise en 2018. Michel Bakalowicz, hydrogéologue du karst, Lydia et Claude Bourguignon, ingénieurs agronomes et Pierre Rabhi, l’un des pionniers de l’agriculture biologique en France, ont fait également part de leurs plus vives réserves, quant à l’épandage du digestat brut en milieu karstique, dans les colonnes de La Vie Quercynoise.

Article de la Dépêche du 06/02/2019 : Lot : les habitants d’un village vivent dans la puanteur à cause d’une usine de méthanisation

Lot : les habitants d’un village vivent dans la puanteur à cause d’une usine de méthanisation

ABONNÉS

  • Le digesteur, semblable à une grosse cuve, est capable de traité jusqu’à 50 000 tonnes de déchets par an.

Publié le , mis à jour
l’essentielDepuis novembre 2017, les voisins d’une usine de méthanisation vivent dans la puanteur lorsqu’ils se trouvent sous le vent . Un apiculteur soupçonne même qu’un des produits fabriqués a tué ses abeilles.

Depuis plus d’un an, les habitants de Gramat vivent un enfer quotidien. Une odeur  pestillentielle envahit jour et nuit une partie de cette commune de 3 500 habitants, située au cœur du parc naturel des Causses du Quercy, à quelques kilomètres de Rocamadour. « Cela nous empêche de vivre normalement. L’atmosphère est tellement désagréable, qu’il m’est arrivé de quitter mon domicile certaines nuits. Je roule pendant des dizaines de bornes, jusqu’à ce que l’air soit pur », témoigne un habitant asthmatique installé à moins d’un kilomètre de l’entreprise Bioquercy.
Cette société spécialisée dans la méthanisation a lancé son activité en novembre 2017. Bioquercy, c’est son nom, récupère des déchets agro-industriels, des restes d’abattoirs (viscères etc.), de fabrication de plats préparés, mais surtout du lisier de canards issus de la coopérative voisine La Quercinoise. Ensuite, elle les transforme en biogaz, un produit  exploité pour produire de l’énergie électrique et de la chaleur.

Une fois ce processus de méthanisation terminé, les résidus sont recyclés en digestat, une sorte de lisier boueux que les agriculteurs utilisent pour des épandages dans leurs champs.
« Cette énergie, nous la vendons à Enedis, qui la réinjecte dans les réseaux locaux », précise Fabien Haas, directeur d’activité chez Fonroche Biogaz, le premier constructeur de méthaniseurs qui détient 66 % des parts de Bioquercy avec la Quercynoise.

Six personnes « reniflent » l’air chaque jour

Claude Mabit, qui vit au hameau de Pech-Farrat, à Gramat, n’a rien contre la méthanisation tant qu’elle reste « locale ». Sauf que Bioquercy collabore avec plusieurs départements limitrophes. « Notre territoire doit composer avec une déchetterie géante. En fonction du vent, nous sentons flotter des odeurs d’ammoniaque mélangées à de la pourriture », constate-t-il.
Un autre habitant du hameau voulait vendre sa maison, mais le potentiel acquéreur est reparti illico presto lorsqu’il a compris d’où venaient ces effluves. « Depuis, j’ai enlevé ma propriété de la vente, afin d’éviter que le futur acheteur ne m’attaque en justice pour vice caché », raconte ce propriétaire.

Le 6 novembre 2018, Bioquercy a été mis en demeure suite à un arrêté préfectoral l’obligeant à « mettre en place les équipements nécessaires au traitement efficace des odeurs provoquées par ses activités ». Un mois plus tard cette décision a été abrogée, mais six membres du collectif des riverains sont désormais sollicités pour noter la qualité de l’air quotidiennement, avant d’envoyer leurs observations à Bioquercy. Malgré leurs remarques, la puanteur persiste. « Un parfum de fosse septique rode toujours dans un rayon de 1 km autour du digesteur, une grosse cuve capable de traiter jusqu’à 50 000 tonnes de déchets par an », confie Claude Mabit. « Nous faisons des efforts, près de 90 % de nos soucis sont corrigés », répond pour sa part Fabien Haas.

L’épandage du digestat pointé du doigt par les spécialistes

La transformation en méthane n’est pas la seule cause des relents. Les agriculteurs qui cèdent leur lisier à Bioquercy récupèrent le fameux digestat en contrepartie. Ce produit « fertilisant vert », qui contient quelques métaux lourds  « mais pas à des doses dangereuses », d’après Fabien Haas, est déversé sur leurs parcelles. « Mon voisin s’en est servi. Pendant deux semaines, nous avons cohabité avec de fétides émanations », confie un apiculteur qui travaille près d’Avignac. Trois jours après l’utilisation de ce digestat qui contient notamment du plomb, du cadmium et du mercure, toutes les abeilles d’une de ses ruches meurent subitement. Il retrouve près de deux kilos de cadavre d’insectes.

Après avoir filmé la scène, ce Lotois tente de récupérer un échantillon du produit fertilisant auprès de son voisin, mais ce dernier refuse. « Je ne sais pas si l’épandage a un lien avec la mort de mes abeilles, mais le doute persiste », confie cet amoureux de la nature.            « Dans la même semaine, j’ai trouvé des vers de terre décomposés. Lorsque j’ai commencé à partager mes soupçons, plusieurs représentants de l’Etat et des gens en lien avec Bioquercy m’ont téléphoné pour me demander de ne pas lancer de rumeur », se souvient l’apiculteur. « La méthanisation existe depuis des années au Danemark et dans d’autres pays scandinaves. Si cela entraînait la mort des insectes, on le saurait. Nous avons assez de recul », estime Fabien Haas, détenteur d’un diplôme d’ingénieur en écologie.

Au moins trois nouvelles unités de méthanisation dans la région

Le collectif de citoyen lotois et la communauté scientifique s’inquiètent également de la pollution dans les sols « karstiques », des zones de formation calcaire qui favoriseraient les infiltrations rapides sous la surface. « Il faut protéger notre eau ainsi que nos terres. Ce lisier transformé est bourré d’antibiotique », avertit un porte-parole du collectif, qui a même lancé une pétition pour alerter le gouvernement. « En récupérant les déchets des exploitants du Lot nous évitons que 1 000 tonnes d’engrais chimiques soient déversées dans la nature », se défend pour sa part le directeur d’activité chez Fonroche Biogaz.
Le combat des opposants à la méthanisation n’est pas près de s’arrêter. Au moins trois unités semblables à celle de Bioquercy devraient bientôt s’installer dans le Ségala, un territoire qui s’étend de l’ouest de l’Aveyron au nord du Tarn.

Remi Buhagiar

Article de « 20 minutes » du 28/01/2019

Méthanisation: Un collectif alerte sur les dérives d’une filière française en plein essor

AGRICULTURE La méthanisation consiste à produire du gaz non-fossile à partir de déchets organiques. Ceux de l’agriculture notamment. L’idée est séduisante et la filière se développe à vitesse grand V. Trop vite pour prendre en compte ses dangers ?….

Fabrice Pouliquen

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Une unité de méthanisation en Eure-et-Loire. La France compte 647 méthaniseurs aujourd'hui.
Une unité de méthanisation en Eure-et-Loire. La France compte 647 méthaniseurs aujourd’hui. — GOUPIL RODOLPHE/SIPA
  • Valoriser des déchets, produire une énergie renouvelable, diminuer l’utilisation d’engrais de synthèse, améliorer le revenu des agriculteurs… Voilà toutes les promesses de la méthanisation…
  • Mais alors que la filière prend son essor en France, des voix -de scientifiques, de riverains ou encore d’agriculteurs- s’élèvent pour pointer les dérives d’une méthanisation menée à allure forcée.
  • Au-delà des potentielles nuisances locales, celles des mauvaises odeurs notamment, l’autre écueil à éviter est l’accaparement des terres pour produire de l’énergie au détriment de l’alimentation.

Petit un, on valorise des déchets organiques. Ceux que produisent une exploitation agricole (lisier, fumier, déchets de cultures), une station d’épuration, une usine agroalimentaire. Petit deux, on produit du biométhane, un gaz non-fossile, injectable directement dans le réseau ou brûlé pour produire de l’électricité et de la chaleur. Petit trois, on récupère en fin de processus des résidus de matières organiques, appelés digestat, qui servent d’engrais. Sur le papier, la méthanisation* est la promesse de faire d’une pierre trois coups. Quatre même en ajoutant la possibilité pour l’agriculteur d’accroître ses revenus en vendant du gaz et en réduisant ses achats d’engrais.

Le nombre de méthaniseurs grimpe en flèche

En mars 2013, en pleine crise agricole, Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture, fixait le cap de 1.000 méthaniseurs en France en 2020. Une première marche vers l’objectif plus lointain de porter à 10 % en 2030 la part du gaz issue de la méthanisation dans la consommation globale de gaz du pays et même 30 % en 2050.

Au dernier comptage, en juin dernier, la France comptait 646 installations. Trop juste pour atteindre les 1.000 d’ici un an. Mais l’actuel gouvernement a repris le flambeau, annonçant une série de mesures pour développer la filière en mars dernier. Dans ce contexte, « le nombre de méthaniseurs grimpe en flèche ces dernières années, observe Olivier Dauger, agriculteur et président de l ’association France gaz renouvelables. Rien que dans les Hauts-de-France, ma région, il y a actuellement entre 150 et 180 dossiers en cours d’instruction. »

Un essor que constatent aussi Daniel Chateigner, professeur de physique à l’université de Caen et Anne Danjou, présidente de « Bien vivre en Anjou ». Mais eux s’en inquiètent et ne manqueront pas de le dire ce lundi, au ministère de la Transition écologique en tant que représentants de collectifs appelant à une méthanisation raisonnée. « Nous ne sommes pas contre la méthanisation mais ses dérives », glissent-ils.

« Mauvaises odeurs et pollution… »

Anne Danjou pointe déjà le ballet des camions chargés de déchets organiques qui viennent alimenter les grosses unités de méthanisation. « Celles qui n’ont pas assez des déchets produits alentour pour fonctionner mais doivent aller les chercher parfois à des centaines de kilomètres de là », précise-t-elle. Une grosse installation de méthanisation (unité industrielle) nécessite le passage de dix camions par jour travaillé, évalue l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Autre grief : les odeurs pestilentielles que dégagent les unités de méthanisation mal maîtrisées. « Ma maison s’est retrouvée à 400 mètres d’une fosse de 1.000 m² où a longtemps été stocké le digestat liquide, à l’air libre, d’un gros méthaniseur de la région, illustre Anne Danjou. Cela sentait un mélange d’œuf pourri et d’urinoir chargé à ras bord. » Un désagrément décrit aussi par des riverains de méthaniseurs à Onet-l’Eglise en Aveyron, à Hagtemeau dans les Landes, à Feux dans le Cher…

Ces mauvaises odeurs sont une gêne en soi. « Elles sont aussi le signe que des gaz s’échappent de ces installations, complète Daniel Chateigner. Le principe de la méthanisation est de transformer des déchets organiques en biogaz, composé essentiellement de méthane. Mais le processus génère d’autres gaz, comme le sulfure d’hydrogène (H2S). Il est non seulement toxique mais aussi très corrosif. A force, il peut percer les tubulures d’un méthaniseur et provoquer des fuites de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le C02. »

Ne pas jouer sur les peurs ?

Un autre débat concerne la qualité du digestat destiné à être épandu sur les terres agricoles pour favoriser la croissance des plantes cultivées, en remplacement des engrais minéraux. « Ce digestat est à 80 % liquide, reprend Daniel Chateigner. C’est de l’azote ammoniacal (NH4+) qui a l’inconvénient d’être très sensible au ruissellement. Dès qu’il pleut, il s’en va, avec le risque d’appauvrir les sols et de polluer les eaux. » L’épandage de digestat pose particulièrement question dans le Lot, où il est peu adapté aux sols karstiques, typiques de la région.

Nicolas Bernet, directeur du Laboratoire de biotechnologie de l’environnement de l’ Inra (Institut national de la recherche agronomique) dit certaines craintes légitimes. Mais il invite à ne pas jouer sur les peurs. « Bien sûr, si on étend des quantités de digestat bien supérieures aux besoins des sols, la question du ruissellement se posera, commence-t-il. Mais elle se pose de la même façon pour tout engrais organique, en particulier ceux d’origine animale comme le lisier [mélange liquide d’excréments d’animaux]. Or, ces effluents d’élevage sont le plus souvent aujourd’hui répandus directement sur les terres cultivées après avoir été stockés dans la cour de la ferme. Des gaz à effet de serre s’en échappent et sans aucune valorisation cette fois-ci. »

Nicolas Bernet comme Olivier Dauger ne nient pas non plus qu’un processus de méthanisation mal maîtrisé puisse rejeter du méthane. « Tout comme le compostage s’il est mal fait », indique le premier. « Et l’agriculteur n’a aucun intérêt à voir du méthane s’échapper dans l’atmosphère plutôt que d’être valorisé en énergie, avance le deuxième. Il perd de l’argent, ce qui est vite préjudiciable au regard du prix d’un méthaniseur. » La production de biogaz est par ailleurs encadrée par une réglementation stricte et le nombre d’accidents à ce jour recensé faible, indique de son côté l’Ademe**.

« A tout prix éviter le modèle allemand »

Pas de quoi rassurer Daniel Chateigner ou Anne Danjou, inquiets que l’essor actuel des méthaniseurs entraîne un développement non-maîtrisé de la filière. L’enjeu n’est pas seulement d’éviter les nuisances locales. Il est aussi de s’assurer qu’il y ait suffisamment de déchets organiques pour alimenter ces méthaniseurs.

« Il faut à tout prix à éviter le modèle allemand, insiste Daniel Chateigner. Le pays a fortement développé la méthanisation au point d’avoir 10.000 unités aujourd’hui. Mais ils sont alimentés avec des cultures dédiées. Du maïs essentiellement. » L’effet pervers est le même que pour les biocarburants : l’accaparement des terres agricoles pour la production d’énergie plutôt que l’alimentation. Près de 7 % de la surface agricole allemande était dédiée à la méthanisation en 2014, indiquait Alternatives économiques en décembre 2017.

En France, il y a consensus, assure Olivier Dauger. « Personne ne veut suivre le modèle allemand. Les objectifs visés en France avec la méthanisation – les 10 % de 2030 et 30 % de 2050- ont été fixés au regard du gisement potentiel de déchets organiques en France. » C’est l’Ademe qui a fait ce travail, « mais jamais l’agence ne donne le détail des calculs », déplore Daniel Chateigner, loin d’être convaincu par l’estimation.

Déjà des signes d’accaparement des terres ?

En décembre dernier, la Confédération paysanne, syndicat agricole qui milite pour une agriculture paysanne, manifestait dans la Sarthe devant ce qu’elle considère comme un premier signe d’un accaparement des terres pour la méthanisation. « Un silo de maïs à ciel ouvert, entassé là dans l’attente de l’arrivée prochaine d’un méthaniseur dans la région, détaille Laurent Leray, porte-parole du syndidcat. Cela représentait l’équivalent de deux années de récolte de maïs sur environ 80 hectares. C’est autant de maïs qui ne seront pas vendus aux éleveurs pour nourrir leurs animaux. Une insulte au monde paysan après les sécheresses de cet été. »

Article de REPORTERRE du 25/01/2019

La méthanisation risque d’accélérer la concentration des fermes

25 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Produire du gaz à partir de l’agriculture offre une nouvelle source de revenus pour les éleveurs, mais rebat aussi les cartes du monde agricole. Le développement des méthaniseurs bouscule le marché des déchets, intensifie la concurrence entre les cultures, pousse à la concentration des exploitations…

Cet article est le troisième et dernier de l’enquête de Reporterre sur la méthanisation. Il suit « La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs » et « Un digestat bien indigeste ».


  • Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance

La méthanisation permet de produire du méthane à partir des effluents agricoles. Elle constitue ainsi une nouvelle source d’énergie et dégage de nouveaux revenus pour les éleveurs. Elle ne présente donc a priori que des avantages. Sauf que le digestat, la substance produite une fois le méthane extrait, peut contenir des pathogènes et permettre à des micro-organismes de devenir plus résistants. Et le digestat est épandu sur les champs comme engrais. Voilà un hic. Au contact de l’air, le digestat libère également des molécules qui vont se transformer en gaz à effet de serre, mais aussi des polluants responsables de la pollution de l’air. Deuxième problème.

Les difficultés de ce mode de production d’énergie se révèlent dans l’air et le sol, comme on l’a vu dans le deuxième volet de notre enquête, mais aussi dans le paysage agricole. Stéphane Bodiguel, comme François Trubert, les deux agriculteurs que nous avons rencontrés, et une petite centaine d’éleveurs bretons, ont décidé de se lancer dans la méthanisation. « Entre un prix du lait non garanti qui, depuis un moment, est passé en dessous du prix de revient et un prix du gaz stable et garanti, il n’y a pas photo », dit Stéphane Bodiguel.

« L’équivalent de trois départements seront consacrés à 100 % aux cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.) pour alimenter les méthaniseurs »

Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à choisir la méthanisation au détriment de l’élevage. Aux vues des faibles revenus des éleveurs, des problèmes de surendettement, de la surcharge de travail, le choix est bien compréhensible. Mais, si on sort de l’échelle individuelle pour se placer à l’échelle régionale et nationale, les conséquences actuelles et à venir du développement de la méthanisation font froid dans le dos.

Le méthaniseur, aussi appelé digesteur, se nourrit de plusieurs tonnes de substrat par jour. Le substrat se compose généralement d’une bonne part de déjections animales, suivies de cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.), de déchets de l’agroalimentaire, de déchets verts (coupes de pelouse, de bords de route) et, parfois, de boues de station d’épuration. C’est le savant mélange de ces ingrédients qui permet de produire un maximum de méthane à réinjecter dans le réseau, mais aussi un digestat qui servira d’engrais.

La cuve déverse chaque jour 16 tonnes de substrat à l’intérieur du dôme.

Il y a encore quelques années, l’agro-industrie payait pour se débarrasser de ses déchets. « Ça allait jusqu’à 90 euros la tonne, rappelle François Trubert, éleveur et producteur de gaz près de Rennes, maintenant, elle les vend jusqu’à 20 euros la tonne. » Dans l’équation économique, ça a de quoi changer la donne et renverser une rentabilité auparavant garantie. « Moi, je refuse d’acheter des déchets, je trouve que ce n’est pas normal. »

Stéphane Bodiguel, éleveur et producteur de gaz, fait lui le choix inverse : « Il n’y a presque rien qui vient de ma ferme. J’achète du fumier à mes voisins, des déchets céréaliers, des résidus d’huile de colza et de tournesol, du marc de pomme et de citron. » Ses dépenses pour acheter des déchets explosent, mais sa production de méthane lui permet de rester bénéficiaire.

Pour nourrir son méthaniseur, Stéphane Bodiguel achète l’extérieur la majeure partie de son substrat.

Pierre Aurousseau est un agronome à la retraite, membre du Collectif scientifique national pour une méthanisation raisonnée (CSNM). Selon lui, si on continue dans cette voie, les méthaniseurs vont se multiplier et de nombreuses terres seront consacrées à la production de cultures destinées au digesteur. « Avec le CSNM, nous avons fait le calcul à partir des projections de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Si les objectifs gouvernementaux sont atteints, l’équivalent de trois départements seront consacrés à 100 % aux cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.) pour alimenter les méthaniseurs. Et lorsque nous n’aurons plus assez de place pour les élevages, nous importerons des effluents à l’étranger. C’est ce qu’a fait l’Allemagne en achetant des effluents en Pologne. On marche sur la tête ! » Pierre Aurousseau cite à l’appui de ses propos un documentaire d’Arte diffusé en 2013. Et évoque le risque de concurrence entre les cultures pour nourrir les animaux et celles pour nourrir le digesteur.

« Notre interprétation est que cet élevage a été créé pour alimenter le digesteur en premier lieu »

Pour Jean-Marc Thomas, porte-parole de la Confédération paysanne de Bretagne, « la méthanisation ne répond absolument pas aux besoins des agriculteurs. Le besoin premier est une juste rémunération. Le choix politique est d’aller vers la méthanisation pour trouver un complément de revenus pour ceux capables d’investir, et pas de prendre le problème à la racine : des prix trop faibles, non rémunérateurs ».

Et le choix est vite vu. Certains lâchent l’élevage au profit de la méthanisation. Une production plus rémunératrice avec un prix plancher garanti sur vingt ans, il y a de quoi être tenté. Surtout que la méthanisation ouvre de nouveaux débouchés : une partie du méthane extrait est convertie en électricité pour être réinjectée dans le réseau. Une autre, sous forme de chaleur, chauffe l’exploitation et la maison mais peut aussi créer de nouveaux débouchés prometteurs, tels qu’un atelier de séchage ou une production de spiruline, comme chez Stéphane Bodiguel. Cette microalgue réputée pour ses qualités nutritionnelles a le vent en poupe. En discutant autour d’un café et d’un chocolat à la spiruline, Stéphane se montre franc : « On n’avait pas la passion du lait et des bêtes. Aujourd’hui, ce qui m’intéresse et me passionne, c’est la méthanisation et la spiruline. Je vis avec mon temps. » Cette diversification heureuse de son exploitation pose tout de même question. Si tous les éleveurs font le même choix, que restera-t-il ?

La chaleur dégagée permet à François Trubert de sécher l’alimentation destinée à ses bêtes.

Une interrogation renforcée par certains projets de méthanisation qui font de l’élevage d’abord un fournisseur d’effluents. Ainsi, un méthaniseur d’une puissance de 1,2 MW a été inauguré en juin 2018 à Montauban-de-Bretagne, à 35 km de Rennes. Cette installation est alimentée par les effluents d’une quinzaine d’exploitations avoisinantes. Ce qui a mis la puce à l’oreille d’Eaux et rivières de Bretagne est que, une fois le projet monté, une demande d’autorisation pour la création d’un élevage de 144.000 poulets a été déposée et acceptée. L’alimentation du digesteur fait entièrement partie du modèle économique de l’exploitation. « Notre interprétation est que cet élevage a été créé pour alimenter le digesteur en premier lieu », explique Marie-Pascale Deleume, membre du groupe méthanisation de l’association. Un sentiment renforcé par l’absence de plan d’épandage pour l’exploitation et le méthaniseur. En effet, toute exploitation doit avoir un plan d’épandage : des terres pour épandre ses effluents à des périodes et selon des quantités définies par la réglementation. Mais rien dans le cas présent. Étonnée, l’association a interpellé les autorités, qui ont expliqué que le digestat produit par le méthaniseur serait épandu sur les terres d’agriculteurs voisins. « On voit donc, reprend Marie-Pascale Deleume, que ce méthaniseur n’est pas destiné à améliorer les systèmes des exploitations, mais à produire du gaz. Puis on s’arrange pour le digestat. »

Les vaches laitières cohabitent avec le méthaniseur.

Cette inversion des logiques avait déjà été dénoncée dans le cas emblématique de la ferme-usine des Mille Vaches. Grâce aux subventions et au prix garanti pour le rachat du gaz, la méthanisation était devenue l’activité principale, à partir des effluents des bovins, et la production de lait, une activité secondaire.

Et Pierre Aurousseau, agronome retraité va même plus loin : « Avec une méthanisation rentable, il sera possible de tirer les prix de vente des porcs et du lait vers le bas. Ce qui va accélérer la disparition des fermes les plus fragiles et accroître la concentration des autres. » Si une exploitation tire son chiffre d’affaire de la méthanisation, à quoi bon se battre pour des prix élevés sur la partie élevage de l’activité ? À l’inverse, pourquoi pas tirer ces prix vers le bas et prendre de nouvelles parts de marché ? Sauf qu’à ce jeu, ceux qui vivent de l’élevage ne pourront pas s’aligner sur des prix tirés à la baisse, des prix déjà en-dessous du prix de revient. Ils seront poussés, par la force des choses, à mettre la clef sous la porte. De quoi libérer des terres, intéressantes à racheter pour agrandir des exploitations existantes.

« La méthanisation doit s’adapter aux moyens et à la taille de la ferme, et pas le contraire »

Malgré les nombreuses limites soulignées tout du long de cette enquête, les acteurs les plus critiques se montrent également, pour certains, optimistes. Il en va ainsi de Daniel Chateigner, chercheur physicien à l’École nationale supérieure (ENS) d’ingénieurs de Caen et membre du CSNM, avec Pierre Aurousseau. « Plus je fouille cette question de la méthanisation et plus je me dis qu’il faut en profiter mais seulement si on utilise de vrais déchets. » Mais, pour le moment, les études sur les conséquences environnementales et sanitaires manquent.

François Trubert, éleveur ayant investi dans la méthanisation, fait à sa façon figure de modèle. « S’il n’y avait pas eu la méthanisation, dit-il, la ferme n’existerait plus aujourd’hui, à cause de la surcharge de travail et du prix du lait. Aujourd’hui, j’ai davantage de revenus, j’ai embauché, j’ai acheté un robot de traite et j’ai trois week-ends par mois. Et puis, surtout, ma ferme est beaucoup plus autonome. Je n’achète presque plus d’engrais, la rotation des cultures est bien rodée : ma ferme est une économie circulaire. »

François Trubert gagne mieux sa vie et travaille moins depuis qu’il a investi dans la méthanisation.

Comme Bruno Mahé, de l’agence locale de l’énergie des Ardennes, l’expliquait déjà à Reporterre en 2014 : « La méthanisation doit s’adapter aux moyens et à la taille de la ferme, et pas le contraire. » Des inquiétudes palpables pas plus tard que fin décembre 2018, lorsque la Confédération paysanne a envahi un site dans la Sarthe où doit s’implanter un méthaniseur. Le syndicat dénonce « les dérives de la méthanisation et d’un modèle industriel qui accaparent des terres, gaspillent des productions qui ne servent plus qu’à alimenter des méthaniseurs et non à nourrir des animaux ». Avant de prêcher pour « une méthanisation qui s’inscrive dans un projet qui rémunère les paysan-ne-s, leur permette de vivre de leur métier, et ce sans avoir besoin d’accaparer des terres. Face à la course en avant des pouvoirs publics, nous demandons que les aides publiques consacrées à la méthanisation soient plafonnées et dégressives ».

Article de REPORTERRE du 24/01/2019

Méthanisation : un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux

24 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Côté pile, la méthanisation permet de produire du gaz renouvelable et d’assurer aux éleveurs d’importants compléments de revenus. Côté face, elle présente une vraie menace de pollution des sols et d’émission de gaz à très grand effet de serre. Voici le deuxième volet de notre enquête sur ce mode de production d’énergie.

Cet article est le deuxième des trois de l’enquête de Reporterre sur la méthanisation. Il suit « La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs ».


  • Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance

En 2014, lorsque son méthaniseur est entré en fonctionnement, l’éleveur Stéphane Bodiguel a révolutionné sa pratique. Il élève des vaches laitières, des allaitantes, il fait aussi de l’engraissement et des céréales à Sixt-sur-Aff, dans le sud de l’Ille-et-Vilaine. « J’ai repris la ferme de mes parents avec mon frère, mais je n’ai jamais eu la passion pour les animaux, encore moins du lait. À 300 euros la tonne, on est en dessous du prix de revient, c’était intenable. » C’est un reportage sur la méthanisation en Allemagne qui lui a donné l’envie de se lancer. Après cinq ans de réflexion, il a installé un méthaniseur sur sa ferme, et récemment un nouveau moteur pour atteindre une puissance de 610 kW. Autant dire un gros méthaniseur, qui ingurgite pas moins de 30 tonnes de matières par jour. La moyenne des méthaniseurs à la ferme en Bretagne tourne autour des 100, 150 kW.

Comme dans toute exploitation équipée de ce système de production de gaz, le décor change. La première chose qui saute aux yeux est le stockage des matières à injecter dans le méthaniseur, aussi appelé « digesteur ». À droite, une montagne de fumier, à gauche un tas de marc de pommes, ici des graisses issues de l’agroalimentaire. Étonnamment, ces tas de déchets ne dégagent pas d’odeur gênante. Vient ensuite le dôme, le couvercle de cette marmite géante qu’est le digesteur. Stéphane Bodiguel n’en a qu’un ; mais, au nord de Rennes, l’éleveur François Trubert en a deux. « J’ai un digesteur et un post-digesteur. Cela permet d’avoir une fermentation plus longue et d’obtenir un digestat de meilleure qualité », explique ce dernier.

Un méthanisateur d’une puissance de 610 kW.

En regardant par le hublot de la grosse marmite, on a l’impression de voir un énorme pot-au-feu en train de mijoter, avec de grosses bulles qui explosent à la surface de la mixture. À la différence que l’on ne salive pas devant ce spectacle.

« Consommé par le sol, le digestat s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques »

À la sortie du digesteur, il y a, d’un côté, le gaz et la chaleur et, de l’autre, le digestat. Celui-là sera épandu dans les champs comme engrais, ce qu’il est en théorie.

« Le digesteur est un bain de bactéries, dit Marie-Pascale Deleume, membre du groupe méthanisation d’Eaux et rivières de Bretagne. Baignant à 40 °C, elles s’y développent et peuvent même devenir résistantes. » Cela inclut les bactéries, spores, parasites mais aussi les résidus médicamenteux administrés aux élevages. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré en 2016 une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea). Une méthanisation à 40 °C maximum ne réduit pas assez le nombre des pathogènes. Le compostage est beaucoup plus efficace, tout comme la méthanisation dépassant les 50 °C. Une phase d’« hygiénisation » — une période d’une heure de chauffe à plus de 70 °C — permettrait un meilleur « nettoyage »du digestat, mais elle n’est pas obligatoire pour toutes les exploitations. Et les systèmes les plus utilisés s’arrêtent aux 40 °C.

Le méthaniseur, reconnaissable à son dôme, rejette dans cette cuve le digestat, qui sera ensuite épandu dans les champs comme engrais.

« Lorsque le digestat bourré de pathogène est épandu, il est consommé par le sol puis s’infiltre vers les cours d’eau et les nappes phréatiques », explique Marie-Pascale Deleume. « Dans les zones karstiques comme sur les pentes des causses, l’infiltration est très rapide et va directement dans les nappes phréatiques, où nous pompons notre eau potable », dit Michel Bakalowicz, hydrologue et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à la retraite, membre du Conseil scientifique national pour une méthanisation raisonné (CNSM). « Une infiltration rapide signifie qu’il n’y a pas de filtration du sol ni de dilution possible. » Une eau polluée pourra être traitée en station de potabilisation avant d’arriver dans nos robinets, mais tout dépend de la technologie de la station près de chez soi. « Un traitement au chlore, comme c’est le cas dans le Lot, ne suffit pas à débarrasser l’eau de ces pathogènes », assure Liliane Reveillac, radiologue et membre du CSNM.

« Consommer de l’eau bourrée de pathogènes »

L’enjeu de la qualité des eaux de surface et souterraines est crucial en France. Car plus la qualité de l’eau est dégradée, plus il est onéreux de la rendre potable. Mais encore faut-il avoir les indicateurs et capteurs pour mesurer l’intensité et la nature de la pollution, et la technologie pour la traiter. Sans parler des conséquences sur la faune et la flore entre l’infiltration et notre robinet.

Chauffer les effluents agricoles à 38 °C ne permet pas d’éliminer un certain nombre de pathogènes. Au contraire, cette température est celle qui active certaines bactéries et parasites et leur permet de se multiplier. Ces pathogènes résistants seront ensuite épandus. Au sol alors de s’adapter pour pouvoir les digérer. Mais rien n’est moins sûr, et il y a fort à parier que ces substances vont s’infiltrer vers les nappes phréatiques, en particulier dans les régions au sol karstique.

Nous pourrions donc retrouver des bactéries plus agressives dans l’eau que nous buvons. Notre corps s’en défendra plus ardemment et aura besoin d’un soutien médicamenteux plus puissant. Les bactéries visées apprendront elles aussi à résister. C’est ce cycle, que l’on appelle antibiorésistance, qui est à l’œuvre. L’OMS considère que 10 millions de décès par an d’ici 2050 seront imputables à l’antibiorésistance, rapporte le ministère de la Transition écologique et solidaire.

La résistance accrue des bactéries est liée à de nombreux facteurs, comme la surconsommation médicamenteuse, dont celles des antibiotiques. Les scientifiques du CSNM craignent que la méthanisation, indirectement, participe à ce phénomène.

Le digestat obtenu est sotcké dans cette cuve avant épandage.

Le problème de l’infiltration et de la difficulté des sols à digérer ce nouveau type d’engrais tient en bonne partie à la composition du digestat lui-même. L’hydrologue Michel Bakalowicz est un spécialiste des eaux souterraines en zone calcaire. « L’azote présent dans le digestat est minéralisé, c’est-à-dire qu’il contient peu de carbone », dit-il. « Sans ce carbone, le sol et les plantes ont du mal à l’assimiler. Il va donc s’accumuler. Ensuite, certains coins de France, comme le Lot ou la Normandie ont des sols karstiques. Ce sont des sols calcaires à structure de gruyère. En cas de forte pluie, l’infiltration vers les nappes phréatiques est très rapide. Il y a donc un risque de pollution. »

Émission de gaz à très grand effet de serre

« Si leur méthaniseur leur pète à la figure, ils seront mal ! » Daniel Chateigner, physicien, n’y va pas avec le dos de la cuillère. De fait, l’implantation d’un méthaniseur relève du régime des ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). En cas d’accident, les conséquences pourraient être rudes. Mais la réglementation a été assouplie en juin 2018. Si le méthaniseur consomme moins de 100 tonnes de matières par jour, un enregistrement auprès de la préfecture suffit. Au-delà, le régime de l’autorisation implique une enquête publique d’un mois pour recueillir l’avis du public. Mais, dans la mesure où un gros méthaniseur de 610 kW consomme 30 tonnes par jour, peu de projets sont désormais concernés par l’enquête publique.

Le physicien explique que la méthanisation est réputée vertueuse pour sa faible émission de gaz à effet de serre, « mais c’est faux ». « Déjà, lorsque les bâches qui couvrent les digesteurs se détériorent, vous avez une fuite de méthane. » L’Irstea nuance et explique que les risques de fuite se situent plutôt au niveau des soupapes de sécurité et des canalisations. L’enjeu est de taille car le méthane a un potentiel de réchauffement 28 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Une étude de l’Irstea est en cours pour détecter et évaluer ces fuites. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estime que le taux de fuite potentiel se situe entre 0 et 10 %, mais la faiblesse des données disponibles rend pour le moment l’évaluation délicate.

Mais ce qui préoccupe le plus Daniel Chateigner, c’est le protoxyde d’azote. « Le digestat est très volatil, l’ammoniac se disperse très facilement dans l’air. A son contact, il s’oxyde et va développer du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2. » À cela s’ajoute, l’apparition de l’oxyde d’azote, un polluant pris en compte dans les mesures actuelles de la pollution de l’air. Mais aussi, le développement de particules fines.

Pour éviter ces problèmes dus à la volatilité du digestat, certaines mesures sont déjà en vigueur. « Nous recommandons de couvrir les fosses de stockage de digestat, explique Hervé Gorius, conseiller technique la chambre d’agriculture de Bretagne, et d’utiliser des pendillards pour épandre le digestat sur les terres au ras du sol, et éviter ainsi une dispersion. » Des mesures que les chercheurs du CSNM jugent insuffisantes.

  • Nous publierons demain le troisième et dernier volet de notre enquête.

Article de REPORTERRE du 23/01/19

La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs

23 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Séduits par la perspective de garantir leurs revenus, les éleveurs se lancent dans la production de biogaz et installent des méthaniseurs. Reporterre a enquêté sur cette pratique subventionnée, qui suscite aussi plusieurs inquiétudes.

Cet article est le premier des trois de l’enquête de Reporterre sur la méthanisation. Deuxième volet : Un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux.


  • Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance

Éleveur depuis vingt ans, François Trubert fait partie de la première génération à avoir investi dans la méthanisation. C’était en 2011, après cinq ans de réflexion. « Je suis d’abord producteur de lait, c’est ma passion, mais financièrement ça n’allait pas,raconte-t-il. Je voulais augmenter mes revenus et gagner en qualité de vie, avoir des week-ends. » Sept ans plus tard, le pari est tenu.

D’abord producteur de lait, de céréales et éleveur de poules, il génère désormais du gaz, en l’occurrence du méthane. Son système de méthanisation lui a coûté un million d’euros d’investissement. Sa ferme, située à 15 km au nord de Rennes, à Gévezé, a bien changé et son rythme de vie aussi. « Grâce à la méthanisation, j’ai embauché deux personnes, acheté un robot de traite et j’ai trois week-ends de libres par mois. Sans elle, la ferme n’existerait plus, raconte celui qui était menuisier avant d’être éleveur. Je n’aurais pas pu continuer à cause de la charge de travail et du prix du lait trop faible. »Pourtant, selon Hervé Gorius, conseiller technique au sein de la chambre d’agriculture de Bretagne, « la méthanisation n’est pas une solution miracle. Elle s’adresse d’abord aux éleveurs dont l’exploitation est en assez bonne santé financière pour pouvoir investir ».

« Je valorise les déchets de la ferme, ils deviennent une ressource »

La méthanisation consiste à utiliser les déjections animales mêlées à des cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.), des résidus céréaliers et à les mélanger dans un digesteur, aussi appelé « méthaniseur ». Cette grosse marmite chauffe la mixture à 38 °C pendant au moins 40 jours, voire, selon les installations, jusqu’à 200 jours. Du méthane se dégage de cette marmite. Il est ensuite converti en électricité et envoyé dans le réseau. La chaleur dégagée par le dispositif sert quant à elle à chauffer l’exploitation. Ce qui sort du digesteur est appelé « digestat » : un concentré d’azote, de phosphore et de micro-organismes qui seront ensuite épandus sur les terres en guise d’engrais. Ainsi la boucle est bouclée. « Je valorise les déchets de la ferme, ils deviennent une ressource, s’enthousiasme l’éleveur François Trubert. Je n’achète presque plus d’engrais vu que je le fabrique, je suis plus autonome sur ma ferme. »

François Trubert explique comme le subtrat passe du digesteur au post-digesteur.

Un succès qui fait tache d’huile : le ministère de la Transition écologique et solidaire recense 646 unités de méthanisation en France. Fers de lance de cette nouvelle filière de production d’énergie, la région Grand Est, les Hauts-de-France et la Bretagne. La région bretonne est une bonne cliente pour la méthanisation car elle est une terre d’élevage, mais aussi parce qu’elle consomme beaucoup plus d’énergie qu’elle n’en produit. Pour inverser la vapeur, la région a lancé le plan Biogaz, en complément de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte de 2015. Ces signaux étant au vert, la Bretagne recense aujourd’hui 81 unités de méthanisation, « essentiellement des installations à la ferme d’une puissance allant de 100 à 150 kW », précise Hervé Gorius avant d’ajouter : « Mais, dans les Pays de la Loire, il y a beaucoup d’agriculteurs qui se regroupent pour mettre en place un méthaniseur commun. »

Des tonnes de déchets doivent être stockées à la ferme pour alimenter le méthaniseur.

Si ce système se développe si bien, c’est parce qu’il est soutenu par les pouvoirs publics. Avec d’un côté des subventions à l’investissement, généralement de l’ordre de 20 %, et de l’autre un prix de rachat intéressant. Pour un méthaniseur de moins de 250 kW, le gaz est racheté environ 18 centimes €/kWh, et 16,5 centimes €/kWh pour un digesteur d’une puissance supérieure à 250 kW. À cela s’ajoute la prime effluents : si les effluents d’élevage représentent 60 % des ingrédients injectés dans la marmite, c’est 4 centimes de plus du kilowattheure. De surcroît, les contrats sont établis sur vingt ans avec un prix plancher garanti.

« De toute façon, je n’avais pas la passion pour le lait »

Stéphane Bodiguel, producteur de lait équipé d’un méthaniseur, résume l’équation : « Entre un prix du lait qui n’est pas garanti et qui depuis un moment est en dessous du prix de revient et un prix du gaz stable et garant, il n’y a pas photo. » Implanté dans le sud de l’Ille-et-Vilaine, il a investi dans un méthaniseur de 610 kW. Avec la chaleur dégagée, il cultive de la spiruline, une microalgue très en vogue. Et à l’été 2019, il arrêtera la production laitière. « De toute façon, je n’avais pas la passion pour le lait. »

Le tableau semble alléchant avec des revenus à la hausse grâce à la production du gaz issu des élevages. Une incarnation de l’économie circulaire, de la « bioéconomie ». D’autant plus que les ambitions dans le domaine sont élevées. Alors que la consommation actuelle de gaz issu des élevages représente 0,25 % de la consommation totale de gaz en France, le gouvernement veut la faire grimper à 10 % d’ici 2030. Le plan énergie, méthanisation, autonomie, azote de 2013 avait fixé comme objectif les 1.000 méthaniseurs en 2020.

Grâce à la chaleur du méthaniseur, Stéphane Bodiguel cultive désormais de la spiruline, une microalgue très en vogue.

Dans une étude de 2014, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) proposait des scénarios pour accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Le Collectif scientifique national pour une méthanisation raisonnéeregroupe 17 chercheurs (agronomes, hydrologues, radiologues, physiciens…) ; il s’est intéressé à cette analyse. D’après ses calculs, si l’on veut atteindre les 60 TWh de production par la méthanisation en 2030, il faudrait dédier 100 % de la surface agricole de trois départements à la culture de céréales intermédiaires. En effet, il ne suffit pas d’injecter des déjections pour que le digesteur fonctionne. Il lui faut aussi des cultures intermédiaires, c’est-à-dire qui ne poussent pas jusqu’à leur maturité. Coupées en pleine fleur de l’âge et injectées dans le digesteur, leur forte teneur en sucre et en carbone en fait un ingrédient nécessaire à la méthanisation.

Le digestat, engrais ou poison

Cette perspective se confirme avec l’analyse récente menée par l’Ademe sur les perspectives du mix énergétique sur la période 2020- 2060.

Malgré de sacrés atouts dans sa poche, la méthanisation soulève donc des inquiétudes. En effet, les projets se multiplient partout en France et les oppositions fleurissent également, souvent par crainte d’une hausse du nombre de camions en circulation et des odeurs. Mais pas que. À l’image d’une poignée de maires de Seine-et-Marne, favorables à l’installation d’un méthaniseur mais pas à l’épandage du digestat.

Ponctuellement, François Trubert reçoit des déchets d’associations.

Car c’est bien le digestat qui concentre les interrogations. Que contient-il exactement ? Est-ce réellement un bon engrais ou plutôt un poison ? Des études montrent que le méthaniseur s’apparente à un nid de bactéries, qui s‘y développent à foison. Un cocktail ensuite épandu sur les champs. Des inquiétudes se posent sur les conséquences de cette mixture sur la vie des sols, la qualité de l’eau et donc, in fine, de l’eau que nous buvons.